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28/05/2014

La chute d'Icare. Publication n° 19

 

 "Quatre grosses femmes clonées, une sur deux la jupe relevée sur un postérieur énorme et monstrueux, de dos, les deux fesses cachées tiennent un panneau de sens interdit dans le dos, les quatre arborent une arme dans la main droite, toutes font face à une immense cible sur fond de canal Saint-Martin. Elles ont tiré, -le canon est en direction du ciel-, Icare tombe, touché, et se noie dans le canal: redoublée quatre fois, la volonté de la femme castratrice triomphe, l'homme ne peut s'envoyer en l'air sans le payer d'une mise à mort par la mégère au carré..." Michel Onfray, préface du livre "Alfred Courmes", par V. Andriveau et G. Bernard, le cherche midi, 2003, p. 11.

 

 

 

 

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"La chute d'Icare" ou "Non, non... et non elle ne tolérera jamais qu'il fasse l'aéroplane" 1964, huile sur toile (97 x 130 cm) coll. part.  ©adagp

 

 

 

 

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"La chute d'Icare", 1964, aquarelle gouachée (33 x 48 cm) coll. part.  ©adagp

 

 

 

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"Je me suis servi d'un document qui représentait une Italienne dans les rues de New York. C'était une marchande de légumes. C'était une grosse femme: en supposant qu'elle est été la compagne d'Icare (détail), je lui ai un peu soulevé les jupes (détail) pour voir comment elle avait la cuisse (détail). Ça m'a amusé en les peignant...."

  

 

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  "La chute d'Icare" ou "La petite chute d'Icare", 1972, huile sur toile (33 x 46 cm) coll. part. ©adagp

 

 

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"Si on pense à "La naissance de Vénus", aux diverses versions du "Saint Sébastien", à "La chute d'Icare", on pourrait me dire que j'ai traité d'une façon onirique, insolente ou corrosive les sujets des grands Maîtres et des grands prix de Rome qui étaient exécutés d'une manière sérieuse. À cela, je répondrais que dans le passé le peintre artisan fournissait une commande qui lui avait été passée par des rois, des princes, des papes, des confréries, etc... qui exprimaient un désir qui correspondait à leur érudition et à leur culture, qui souhaitaient enrichir et embellir leur palais, leurs églises... ce qui impliquait des réalisations de sujets "nobles". À notre époque plus personne ne s'intéresse à ce genre de nécessité et l'on a fini par ignorer le sens de ces sujets qui faisaient partie de la mémoire collective. À l'égard de cette mémoire, nous nous trouvons ou bien dans un vide total qui peut être comblé par les monuments du passé et les musées, ou bien il nous faut réinventer l'histoire avec la sensibilité de notre époque."

 

 

 

78 Non, non...et non, elle ne tolérera jamais qu'il fasse l''Aéroplane hui197898.jpg

"La chute d'Icare" ou "Non, non... et non elle ne tolérera jamais qu'il fasse l'aéroplane" (fond vert), 1978, huile sur toile (?) coll. part. ©adagp

 

 

 

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 "La chute d'Icare" ou "La petite chute d'Icare avec une sirène", 1963, huile sur toile (33 x 55 cm) coll. part. ©adagp

 

 

Un peu d'histoire:

 

Dédale et Icare

 

Dans la mythologie grecque, Dédale est présenté comme un inventeur et un architecte ; il est reconnu comme le plus éminent mortel parmi les artisans et les inventeurs. Icare est le fils de Dédale et d'une esclave crétoise, Naupacté. 

Fuyant les poursuites suite à la mort de son neveu Talos, qu'il avait précipité du haut de l'Acropole, jaloux de ses découvertes qu'il veut s'approprier, Dédale trouve refuge en Crète auprès de la cour du roi Minos. Pasiphaé, la femme du roi lui demande de créer une vache en bois, un leurre pour qu'elle puisse s'accoupler avec le taureau blanc. C'est ainsi que naît le Minotaure. Minos commande alors la création d'un labyrinthe pour y enfermer cette aberration de la nature.

Dédale donna la solution pour sortir du labyrinthe à Ariane, fille de Minos : utiliser un fil de laine déroulé,qu'il suffit de suivre jusqu'à la sortie. Cette dernière remit la laine à Thésée, qui s'en servit pour sortir du Labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Minos ayant perdu son pari avec Thésée, il fait alors enfermer Dédale et son fils, Icare, dans le Labyrinthe : c’est là que commence le mythe de Dédale et Icare.  

Le mythe proprement dit:

Le mythe de Dédale et Icare raconte que Dédale eut l’idée de s’enfuir par la voie des airs car il ne pouvait retrouver son chemin dans le Labyrinthe sans fil pour le guider jusqu'à la sortie. Il récupéra des plumes d’oiseaux et s’en servit pour fabriquer deux paires d'ailes, qu'il fixa avec de la cire à ses épaules et à celles de son fils. Avant de prendre leur envol, Dédale recommanda à Icare de ne pas s'élever trop haut car la cire pouvait fondre à la chaleur du soleil. Mais l’imprudent Icare oublia la mise en garde de son père et monta de plus en plus haut. Ses ailes se détachèrent et il tomba dans la mer qui porte désormais son nom : la mer Icarienne. Dédale poursuivit sa route sans accident et atterrit en Sicile où il fut accueilli par le roi Cocalos. 

Signification symbolique:

Le mythe de Dédale et Icare symbolise le désir de l'homme d'aller toujours plus loin, au risque de devoir finalement reconnaître sa condition de simple être humain. La chute d'Icare peut ainsi être interprétée comme une mise en garde rappelant le châtiment qui menace les hommes qui font preuve de démesure et de témérité. 

 

En savoir plus:

 

"Non, non... et non elle ne tolérera jamais qu'il fasse l'aéroplane", 1964, a été exposé: 

- 1964, XXe Salon de Mai, du 16 mai au 7 juin (N° 41), Paris.

- 1971, « Les autres », Galerie Condillac, du 5 novembre au 3 décembre, Bordeaux.

- 1972, «  Douze ans d’art contemporain en France » (Exposition Pompidou), Galeries nationales du Grand Palais, du 7 mai au 18 septembre, Paris.

- 1979, Rétrospective, musée de Peinture, du 16 mai au 20 août, Grenoble.

- 1989, Rétrospective, musée municipal, du 29 avril au 11 juin, Roubaix (catalogue p. 81-82).

- 1989, Rétrospective, musée Sainte-Croix, du 3 juillet au 4 septembre, Poitiers. 

- 1989, Rétrospective, Centre Georges Pompidou, du 12 septembre au 22 octobre, Paris.

- 1991, « Les chemins du fantastique », mairie d’Asnières, du 4 octobre au 3 novembre.

"Non, non... et non elle ne tolérera jamais qu'il fasse l'aéroplane", 1964, a été publié: 

- Jean-Marc Campagne, Alfred COURMES, Prospecteur de mirages entre ciel et chair, Photographies de Robert Doisneau, Jacqueline Hyde, Marc Vaux. Eric Losfeld Editeur, 1973, p. 85 et 109.

- Vitalie Andriveau – Gilles Bernard, Alfred COURMES, Préface de Michel Onfray, le cherche midi, 2003, p.136-137.

 

"La chute d'Icare", aquarelle gouachée, 1964, a été exposée:

1979, Rétrospective, musée de Peinture, du 16 mai au 20 août, Grenoble.

 

"La petite chute d'Icare", 1972, a été exposée:

1979, Rétrospective, musée de Peinture, du 16 mai au 20 août, Grenoble (catalogue p. 30).

"La petite chute d'Icare", 1972, a été publiée:

Jean-Marc Campagne, Alfred COURMES, Prospecteur de mirages entre ciel et chair, Photographies de Robert Doisneau, Jacqueline Hyde, Marc Vaux. Eric Losfeld Editeur, 1973, p. 58.

 

"La petite chute d'Icare avec une sirène", 1963, a été exposée:

1979, Rétrospective, musée de Peinture, du 16 mai au 20 août, Grenoble.

 

 

 

 

Commentaires

"La chute d'Icare" est décrite sur deux pages avec une précision diabolique dans "Le regard idéologique" de Bernard Rancillac, ed. Somogy 2000 - voir en pages 20-21 (chapitre "pièces à conviction" )

Écrit par : Michel Buono | 26/09/2014

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